Et si on ajoutait ces mots-là à nos journées… avec les enfants qui utilisent la CAA ?

Ce que nos mots disent aux enfants qui utilisent la CAA

Quand un enfant utilise la Communication Alternative et Améliorée (CAA), il ne s’agit pas seulement de lui apprendre à « demander » ou « nommer ». Il s’agit surtout de lui permettre d’exister pleinement en tant que communicant avec ses idées, ses préférences, ses émotions, son humour, ses silences parfois aussi.

Dans le quotidien, on parle souvent vite, avec les habitudes qu’on a. On répond pour avancer, pour encourager, pour faire au mieux. Et pourtant… parfois, on passe à côté de ce qui pourrait vraiment nourrir la relation, ou soutenir la confiance de l’enfant.

Et si on reprenait tout depuis le début ? Et si on se demandait ce que nos mots disent vraiment ? Voici quelques pistes, toutes simples, pour encourager sans réduire, valoriser sans infantiliser, et soutenir sans faire à la place.

 « J’ai aimé ce que tu as dit. »

Plutôt que de féliciter le fait d’utiliser la CAA (« Bien pointé ! »), on met en lumière le contenu du message. Cela montre à l’enfant que ce qu’il dit a de la valeur  pas uniquement le moyen qu’il utilise pour le dire.

 « C’est une bonne façon de le dire. »

La CAA n’est pas une « version pauvre » du langage oral. C’est une forme d’expression à part entière. Cette phrase simple montre à l’enfant que sa manière de communiquer est respectée, reconnue et digne d’intérêt.

 « Tu pourrais apprendre ça à _ ? »

Et si on passait de la posture d’aide à celle de réciprocité ? Valoriser un enfant comme porteur de savoir, c’est nourrir son estime de soi. C’est aussi envoyer un message fort : tu as quelque chose à transmettre aux autres.

 « Voici une autre façon de le dire. »

On peut enrichir sans corriger. Proposer d’autres formulations, d’autres symboles, d’autres mots, c’est élargir les possibles sans effacer ce qui a déjà été exprimé. On ouvre, on ne remplace pas.

 « Prends ton temps. Je ne suis pas pressé. »

Peut-être la phrase la plus puissante de toutes. Elle dit à l’enfant qu’il a le droit d’aller à son rythme, que l’adulte est prêt à attendre. Elle libère du stress, de la précipitation, de la pression de “réussir” rapidement. Elle installe la confiance.

En résumé

Ce que l’on dit à un enfant qui utilise la CAA n’est jamais neutre. Cela peut renforcer sa place, son estime, son envie de communiquer… ou au contraire, le faire douter de la valeur de ses messages. Ce sont quelques phrases simples,qui ne changent pas tout , mais qui peuvent faire une vraie différence. Parce qu’elles posent un regard nouveau, plus juste, plus doux, plus égalitaire.

Et si on les glissait un peu plus souvent dans nos journées ?

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